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Petite annonce : « Urgent. Administration Obama recherche terrorisme présentable en Syrie »

Par Louis Denghien, 



Combattants d’al-Nosra à Ras al-Ain (nord-est) : aujourd’hui le Tartuffe de la Maison-Blanche dit « Cachez ces djihadistes que je ne saurais voir« , mais a besoin d’eux pour avancer ses affaires sur le terrain syrien…

L’administration Obama envisage d’ajouter le Front al-Nosra à sa liste des organisations terroriste. Selon des sources proches de Washington, ce label devrait être décerné avant la réunion des « Amis de la Syrie » qui doit regrouper le 12 décembre au Maroc les pays et les politiciens syriens qui veulent renverser Bachar al-Assad.

Le Département d’État américain aurait dû mettre al-Nosra sur sa liste cette semaine, mais la décision a été repoussée le temps que les responsables américains s’accordent sur le meilleur timing – de leur point de vue – pour son annonce.

Al-Nosra, un arbre qui cache une forêt (ou une jungle) ?

Qu’al-Nosra soit – même selon les canons biaisés de l’administration américaine – un mouvement terroriste, il n’y a pas débat : attentats à la bombe, exécutions de prisonniers civils et militaires ont été revendiqués à plusieurs reprises par une organisation qui ne fait pas mystère de sa proximité avec al-Qaïda. La décision américaine, puisqu’on parle de timing, aurait pu être prise beaucoup pus tôt. Elle pourrait aussi s’étendre à d’autres groupes.

Selon la chaîne CNN, la mise au ban du Front al-Nosra aurait pour but de séparer le bon grain de l’ivraie, et les djihadistes de la toute nouvelle « Coalition nationale des forces de l’opposition et de le révolution syriennes« , créée à Doha par le Qatar, avec l’appui des Occidentaux, pour remplacer de fait un CNS démonétisé.

Le problème est qu’al-Nosra a le vent en poupe au sein de la rébellion. Selon l’AFP, Nosra serait déjà la force dominante dans la province d’Alep, l’ASL étant complètement décrédibilisée. Les disciples de Ben Laden sont très actifs aussi sur la frontière syro-turque, d’Idleb à Raqqa; et aussi sur le « front » de Damas. Par ailleurs, les djihadistes sont notoirement financés par l’Arabie séoudite, allié historique de Washington dans la région.

Et puis al-Nosra a – parfois – bon dos : la rébellion toutes tendances confondues commet quotidiennement des crimes ou des actes contraires aux conventions internationales, sur les droits de l’homme ou sur les prisonniers de guerre. Est-ce le front al-Nosra qui a massacré des familles chiites à Houla et Taldo, en mai dernier ?

Désigner al-Nosra comme une organisation terroriste permet au fond à l’administration Obama de dédouaner les autres bandes plus ou moins affilées à ce qui reste de l’ASL, plus ou moins liés aux islamistes « fréquentables » des Frères musulmans syriens.

Pas plus tard que le 5 décembre, la Russie, réagissant à la mort d’une dizaine d’enfants dans le bombardement par les rebelles d’une école dans la région de Damas, a fustigé non seulement les auteurs de cet acte mais les « forces extérieures » qui soutiennent les terroristes en Syrie. Si l’on suit le regard de Moscou, on arrive évidemment aux monarchies du Golfe, mais on peut apercevoir aussi les États-Unis.

Quoi qu’il en soit, il est évident que cet imminent interdit jeté par Washington sur la formation militaire la plus « dynamique » sur le terrain ne va pas globalement renforcer la rébellion armée. Au fait, quand Obama et Clinton vont-ils placer l’Arabie séoudite sur leur autre liste, celle des « États voyoux » ?

 

Quand Washington nie le plan de Genève

Ce noeud gordien de contradictions peut-il raidir Washington, le pousser à l’aventure en Syrie ? On parle ces derniers jours d’évolutions de porte-avions américain non loin des côtes syriennes.

Mais, outre que ce n’est pas la première fois, on a signalé dans le même temps l’arrivée de bâtiments de guerre ruses à Tartous. Pus significatif d’une escalade (diplomatique) américaine est la déclaration faite jeudi 5 décembre par Mark Toner, porte-parole du Département d’État, selon laquelle les États-Unis n’inciteront pas l’opposition – radicale – syrienne à un  dialogue avec le gouvernement syrien sans « garanties concrètes » d’un départ de Bachar.

Or, à l’issue de la conférence internationale sur la Syrie de Genève, le 30 juin dernier, cette clause avait été abandonnée, à l’instigation des Russes. Toner fait évidemment référence à la réunion des « Amis de la Syrie » prévue à Marrakech le 12 décembre.

Alors, les Américains sont-ils prêts « à y aller » ? Nous ne le croyons toujours pas : l’internationalisation du conflit syrien serait ingérable, même pour la puissance américaine, qui a eu tant de mal en Irak et en a encore en Afghanistan.

Et périlleux pour ses alliés turcs, israéliens et jordaniens.

Mais il est évident que l’administration Obama ne lâche pas on os – le renversement d’un pouvoir peu amical envers Israël et allié de l’Iran. Et qu’il s’exaspère des retards enregistrés dans cet agenda.

Nous pensons qu’au fond Washington improvise, et lance régulièrement ses missiles médiatiques : massacres de civils le lundi, violation de la sécurité turque le mardi, gaz sarin le mercredi. Mais, concrètement, envoyer des boys en Syrie, ça n’arrivera ni jeudi, ni le week-end

Infosyrie.fr


 

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